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Entre 2016 et 2019, nous avons travaillé à ce que les normes et standards sur les droits humains intègrent les questions de genre et de développement, et soient respectés et promus par les politiques, la gouvernance, le développement et les pratiques concernant l'internet et les TIC. Qu'avons-nous accompli ? Découvrez par vous-même !

Plaidoyé pour des politiques et des résolutions qui renforcent l’exercice des droits humains en ligne
Notre plaidoyer politique continuel sur les violences sexistes a abouti à la toute première résolution de l’ONU sur la prévention et la réponse aux violences contre les femmes et les filles dans les environnements numériques.

2018 a été une année riche pour APC et ses membres au sein du Conseil des droits de l’homme (CDH) et d’autres espaces institutionnels de haut niveau. Au cours de sa 38è session, le CDH a adopté le texte « Intensification de l’action menée pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles : prévenir et combattre la violence à l’égard des femmes et des filles dans les environnements numériques », une résolution qui reconnait les violences sexistes en ligne comme une violation des droits humains et recommande l’utilisation des instruments internationaux de sauvegarde des droits humains pour s’assurer que toute réponse ne réduise pas davantage les droits des femmes.

Cette résolution est intervenue après une décennie de campagne par APC soulignant les conséquences des violences sexistes sur les droits des femmes.

La violence sexiste a été prise en compte au CDH et dans les déclarations de la rapporteuse spéciale en 2016. En 2017, le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a adopté la recommandation générale n°35 sur les violences sexistes contre les femmes. Elle a actualisé la recommandation générale n°19, qui incluait une référence aux formes contemporaines de violence à l’égard des femmes prenant place sur internet et dans les environnements numériques. En 2018, un rapport de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes a pointé la violence sexiste en ligne comme un défi pour les droits humains. Ceci fut une étape-clé en direction de la résolution charnière de l’ONU lors de la 38è session du CDH. Vous pouvez lire la contribution d’APC qui a informé le rapport de la rapporteuse spéciale ici.

En 2017, le rapport du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme sur « les moyens de combler le fossé numérique entre les sexes du point de vue des droits de l’homme » a cité les recommandations d’APC visant à faire progresser les droits des femmes en ligne.

En 2018, APC a influencé le langage et la priorité des problématiques dans la résolution actualisée du CDH sur « la promotion, la protection et l’exercice des droits de l’homme sur Internet », qui a renforcé la protection des droits humains en ligne.

La résolution, actualisée tous les deux ans, fut adoptée initialement en 2012 après une opération concertée de plaidoyer par APC. En 2018, la résolution actualisée a incorporé le langage et les priorités-clés mises en avant par APC et nos partenaires, notamment l’accent mis sur l’accès à internet, l’arrêt des extinctions de réseau, le chiffrement, la responsabilité du secteur privé, la protection des données et la fracture numérique entre les sexes.

APC a contribué à formuler les lignes directrices de l’ONU sur la régulation des contenus en ligne.

Toujours en 2018, un rapport sur la régulation des contenus à l’ère numérique par le rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, a été présenté lors de la 38è session du CDH. Il faisait écho aux priorités d’APC, recommandant que les plateformes modèlent leurs lignes directrices de régulation de contenus sur les normes internationales en matière de droits humains. Le rapport examine les obligations et les responsabilités des États et des entreprises. APC et Access Now ont contribué au rapport du rapporteur spécial par des consultations en personne et en ligne ainsi que par des contributions écrites, qui sont disponibles ici et ici. Notre réponse au rapport peut être lue ici.

L’ONU a reconnu en 2018 les nouvelles menaces pesant sur la vie privée, incorporant des contributions d’APC et de nos partenaires. La résolution de l’Assemblée générale de l’ONU sur « Le droit à la vie privée à l’ère du numérique » souligne que le problème de la vie privée est lié aux discriminations de genre, et demande la fin de la surveillance illégale d’initiative gouvernementale. Elle insiste sur le besoin d’intégrer le droit à la vie privée dans le développement des technologies d’apprentissage automatique ainsi que dans la collecte et le stockage d’informations personnelles, particulièrement les données biométriques et les autres types de données personnelles.

Contribué aux standards et cadres d’évaluation internationaux
APC a aidé à façonner les standards internationaux en matière de cybersécurité.

APC croit qu’une approche des normes de cybersécurité fondée sur les droits est essentielle pour un internet ouvert et sécurisé. APC a participé au développement de la norme sur la protection des biens publics fondamentaux d’internet menée par la Commission mondiale sur la stabilité du cyberespace, norme qui a été inclue dans l’appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace de 2018 et a obtenu le soutien du Parlement européen. En partie grâce au plaidoyer d’APC, l’appel de Paris a intégré un focus fort sur les droits humains et a reconnu l’importance des réseaux communautaires, du fossé d’accessibilité entre les sexes et de la protection de la vie privée en ligne comme d’importants sujets émergents qui sont pertinents pour atteindre les objectifs du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI).

 L’appel de Paris de 2018 fut le point culminant de plus de quatre années de travail de plaidoyer sur la cybersécurité. En 2016, lors de la 6è Freedom Online Conference (FOC), nous avons contribué au développement d’un document normatif promouvant des politiques de cybersécurité fondées sur les droits humains. Ce document a été approuvé par 30 gouvernements d’États membres de la FOC et des dizaines de soutiens de la société civile, du secteur privé et du monde académique. Les recommandations étaient le résultat de deux années de dialogue multipartite entre les membres du groupe de travail représentant les gouvernements, le secteur privé, la société civile et le monde académique, ainsi que la communauté étendue, et visant à apporter la perspective des droits humains aux débats en cours sur la cybersécurité. Au cours de ces quatre années, nous nous sommes impliqué·e·s dans de nombreux forums sur le sujet de la cybersécurité, y compris au sein de l’Union internationale des télécommunications.

APC a aussi joué un rôle de premier plan en développant un nouveau cadre d’évaluation à destination des actrices et acteurs de la société civile. Cet outil, approuvé par l’UNESCO en 2018, permet d’évaluer les droits sur internet au niveau national et de plaidoyer leur en faveur.

APC a coordonné le développement des Indicateurs sur l’universalité d’internet pour le compte de l’Internet indicators consortium, un groupe qui incluait ICT Development Associates, Research ICT Africa et LIRNEasia. Le projet a impliqué de multiples consultations régionales et mondiales ainsi que le pré-test et le pilotage des indicateurs sur une période de 18 mois. Plusieurs membres d’APC ont contribué au développement des indicateurs pendant le processus de consultation. Ce cadre entend permettre aux actrices et acteurs de la société civile d’évaluer et de plaidoyer à un niveau national en faveur d’un développement de l’internet adhérant aux principes DOAM de l’UNESCO (droits, ouverture, accessibilité, multiplicité des acteurs). Le rapport final de ce projet a été approuvé par le Conseil du Programme international pour le développement de la communication lors de sa 31è session.

Notre travail dévoué pour garantir les droits sur internet en Afrique a conduit à une résolution charnière par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) en 2018.

La résolution, qui concerne le droit à la liberté d’information et d’expression sur internet en Afrique, reconnait le rôle de l’internet pour faire progresser les droits humains et les droits des peuples sur le continent. Elle reconnait spécifiquement la valeur de la Déclaration africaine des droits et des libertés de l’internet comme un document qui « développe les principes nécessaires au respect des droits de l’homme et des peuples sur l’Internet et la culture d’un environnement de l’Internet pouvant répondre au mieux aux besoins et aux objectifs en matière de développement social et économique ». La Coalition de la Déclaration africaine, dont APC a été une membre fondatrice, s’était fixé comme objectif de faire passer cette résolution, et cette réussite a mis en valeur l’influence qu’ont eu la Coalition et la Déclaration sur une courte période.

Maintenu les gouvernements face à leurs responsabilités
En travaillant avec les membres et les partenaires d’APC, nous avons tenu les gouvernements responsables en utilisant les mécanismes de signalement du CDH.

APC a été partenaire de soumissions communes pour le processus de l’Examen périodique universel (EPU) du CDH, ainsi qu’auprès des comités pour le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et pour le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, pour des pays tels que l’Ouganda, le Pakistan, le Bangladesh, le Cameroun, le Chili, le Mexique, le Liban, la Corée du Sud et l’Afrique du Sud.

En 2016, notre travail avec les membres d’APC Women of Uganda Network (WOUGNET) et Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa (CIPESA) lors de l’examen EPU de l’Ouganda a conduit à ce que le gouvernement accepte une recommandation pour prévenir l’obstruction des médias et de l’internet pendant les périodes électorales. En 2018, avec le Center for Social Activism, nous avons soulevé des problèmes et des violations de droits humains dans notre contribution commune à l’examen EPU du Bangladesh, incluant le meurtre d’activistes en ligne, un manque continu de liberté de la presse et la censure sanctionnée par l’État. Le rapport mettait en avant plusieurs recommandations, la plupart acceptées ensuite par le gouvernement. À la suite du processus d’EPU du Cameroun la même année, le gouvernement a accepté plusieurs recommandations reprenant des points soulevés dans une soumission commune d’APC et de nos partenaires, se rapportant aux droits à la liberté de réunion pacifique, d’association et d’expression en ligne, et aux restrictions illicites mises sur la fourniture de services internet et mobile.

En 2017, APC a aussi soutenu des partenaires en Bosine-Herzégovine, au Brésil, en Colombie, en République démocratique du Congo, en Malaisie, au Mexique et au Pakistan dans la soumission de rapports sur leur pays pour le rapport thématique sur la violence sexiste en ligne de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence à l’égard des femmes.

En 2019, APC s’est jointe, entre autres, à Derechos Digitales pour une contribution EPU pour le Chili. Le gouvernement du Chili a accepté les recommandations sur les droits numériques, incluant d’adopter une législation protégeant et promouvant les droits numériques, d’évaluer la surveillance et la collecte de données personnelles d’un point de vue des droits humains, de réexaminer les lois, politiques et réglementations luttant contre la violence à l’égard des femmes dans les environnements numériques, et de mettre en place des politiques facilitant un accès égalitaire aux TIC pour les femmes. Cet accomplissement a été en grande partie permis par les efforts efficaces de plaidoyer menés par le membre d’APC Derechos Digitales, en partenariat avec APC, Privacy International et IFEX.

Nous avons fait pression en faveur des droits humains en ligne à travers de nombreuses déclarations orales au CDH.

Par exemple, nous avons travaillé avec le membre d’APC 7amleh sur une déclaration orale concernant les libertés sur internet des Palestiniennes et des Palestiniens ; avec ARTICLE 19, IFEX et Privacy International sur les communications sécurisées ; avec Women Human Rights Defenders International Coalition sur l’impact de la violence à l’égards des femmes défendant les droits humains et les organisations de femmes dans les environnements numériques ; avec Sexual Rights Initiative pour faire progresser les droits des femmes dans la sphère économique à travers l’accès et la participation aux TIC ; avec les membres d’APC CIPESA, Derechos Digitales, et WOUGNET sur les restrictions à la liberté d’expression en ligne ; avec Centre for Independent Journalism Malaysia, EMPOWER, Justice for Sisters et Pelangi Campaign sur les droits humains en ligne en Malaisie et sur la protections des défenseuses et défenseurs des droits humains et culturels.

Notre projet Advocacy for Change through technology in India, Malaysia and Pakistan (IMPACT) a intensifié des campagnes visant les législations nationales et plaidant pour les droits numériques en Asie.

IMPACT a été mis en place en collaboration avec les membres d’APC Digital Empowerment Foundation en Inde, Bytes for All au Pakistan et EMPOWER en Malaisie.

À travers ces collaborations, nous avons porté au niveau mondial des problématiques nationales et régionales cruciales, notamment en réunissant autour d’une table ronde des défenseuses et défenseurs des droits humains de la région et les rapporteuses spéciales et rapporteurs spéciaux de l’ONU sur la liberté d’expression et d’opinion, sur la violence contre les femmes et sur le droit à la vie privée, ainsi qu’avec des contributions et des déclarations sur l’effet de la religion sur la liberté d’expression et sur les droits des femmes en ligne et sur l’état des droits sur internet en Inde, Malaisie et Pakistan à des sessions du CDH.

Tandis que ce travail au CDH a contribué à encapaciter des membres d’APC à intervenir au niveau mondial, nous avons aussi amélioré la compréhension qu’ont les activistes des façons dont les expressions politique, religieuse et sexuelle en Asie sont censurées et criminalisées.

Parmis les autres résultats du projet, IMPACT a publié en 2017 un rapport régional de recherche sur l’état de la liberté de réunion pacifique et d’association en ligne appelé « Démenotter l’expression ». Cette recherche a identifié des tendances et défis clés dans la région et a été présentée à des rassemblements comme le Forum régional Asie-Pacifique sur la gouvernance de l’Internet (APrIGF), RightsCon ainsi qu’à un évènement parallèle au CDH en présence de la rapporteuse spéciale sur la liberté de réunion et d’association.

Plaidé pour un internet libre et ouvert et pour la liberté d’expression
Notre travail au sein d’espaces insitutionnels de haut niveau a constamment renforcé l’inclusion, la transparence et le respect des droits humains comme éléments essentiels d’un internet libre et ouvert.

Les libertés de réunion et d’association en ligne en tant que droit humain étaient un point central de nos efforts de plaidoyer en 2019. En 2019, nous avons aussi participé au dialogue des dirigeants de l’Appel de Christchurch à l’Assemblée générale (AG) de l’ONU à New York en tant que membre du Conseil consultatif de l’Appel de Christchurch. Nous y avons insisté sur le fait que les droits humains devraient être au cœur des efforts réalisés pour combattre les contenus extrémistes et terroristes. La même année, nous avons mené une coalition d’organisations de la société civile à l’AG de l’ONU contre une proposition de convention internationale sur la cybercriminalité qui représentait une menace pour les droits humains en ligne. Nos inquiétudes sur cette résolution, qui a malheureusement été adoptée, étaient exprimées dans une lettre ouverte.

En 2019, nous avons aussi soumis plusieurs contributions aux rapporteuses spéciales et rapporteurs spéciaux du CDH, notamment à propos du besoin de standards en matière de droits humains au sein de l’industrie des technologies de surveillance, sur la liberté de religion, les droits sexuels et le genre, sur la discrimination raciale et les technologies numériques, et sur la liberté d’expression et la modération de contenus. Nous avons aussi soumis une contribution pour le rapport annuel de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme sur l’impact des nouvelles technologies sur la promotion et la protection des droits humains dans le contexte de rassemblements, dont les manifestations pacifiques. Ce rapport poursuit la contribution d’APC en insistant sur l’importance de la technologie pour augmenter la transparence et la responsabilité vis-à-vis des violations et abus qui peuvent survenir lors de manifestations.

En 2018, APC a poursuivi son travail en Asie en confrontant les discours de haine et les violations des libertés de religion et d’expression en ligne dans la région.

Nous avons lancé un projet sur trois ans visant à protéger et promouvoir le respect de la liberté de religion et d’expression en ligne en Asie du Sud et du Sud-Est, avec un focus particulier sur le Bangladesh, l’Inde, l’Indonésie, Myanmar et le Pakistan. L’initiative, financée par l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH), est intervenue à une période de populisme et d’autoritarisme grandissants ainsi que de recrudescence des incidents violents liés à l’expression religieuse et à la diversité dans la région. En 2019, notre travail s’est concentré sur analyser et contrer les campagnes coordonnées de haine basées sur la religion dans la région, avec notamment une contribution auprès du rapporteur spécial sur la liberté de religion focalisée sur les droits sexuels et de genre. Dans notre contribution, APC soulignait les expériences des femmes et des personnes LGBTIQA+ en relation avec l’intersection de la religion et des espaces numériques, et incluait des exemples spécifiques d’Asie.

APC a plaidé contre les extinctions d’internet en Afrique comme en Asie pendant les quatre ans. Un résultat important de notre travail fut la reconnaissance en 2017 des extinctions de réseau comme étant une menace envers les libertés en ligne au Pakistan.

Ceci a été reconnu à la fois par la Haute Cours du pays et par les rapporteuses spéciales et rapporteurs spéciaux de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression, et sur la liberté de réunion et d’association. Cette période a vu une recrudescence d’extinctions d’internet qui ont entravé l’accès public à l’information et les communications, particulièrement à travers tout le continent africain où beaucoup de membres d’APC sont basé·e·s. APC a contré cette tendance par du plaidoyer piloté par projet et par sa participation à la campagne #KeepInOn qui a sensibilisé le public au pouvoir qu’ont les interruptions d’internet d’étouffer le débat public, l’action sociale et la dissidence, particulièrement en période électorale. Cette campagne a rassemblé des organisations de la société civile, des activistes et des citoyennes et citoyens qui se sont battu·e·s ensemble contre les extinctions d’internet en produisant notamment des déclarations et des lettres communes pour garder l’internet ouvert et sécurisé en Éthiopie et au Pakistan.

APC s’est impliquée dans les efforts mondiaux de solidarité de la société civile pour défendre les défenseuses et défenseurs des droits numériques.

Enfin, en 2019, APC s’est aussi jointe au comité de solidarité contre la persécution des expertes et experts en sécurité et en droits numériques, à la suite de la détention d’Ola Bini en Équateur. Bini est un développeur logiciel et un expert en cybersécurité et en droits numériques de nationalité suédoise et qui avait vécu pendant les 6 années précédentes en Équateur avec un titre de séjour légal. Il a été détenu illégitimement, arbitrairement et illégalement comme prisonnier politique dans le pays.

Renforcé la capacité de plaidoyer des organisations et des réseaux de la société civile
APC a renforcé les réseaux de plaidoyer pour les droits sexuels pendant les quatre années, construisant un corpus de connaissances sur les droits sexuels en ligne à travers de la recherche exploratoire et une enquête sur les droits sexuels.

Les fondations de notre travail sur les droits sexuels ont été principalement posées à travers le réseau d’APC de recherche exploratoire sur la sexualité et l’internet (EROTICS) qui avait été lancé en 2008 et initialement focalisé sur la recherche et le plaidoyer au Brésil, en Inde, au Liban, en Afrique du Sud et aux États-Unis.

En 2017, le projet de création de réseaux EROTICS en Inde, au Népal et au Sri Lanka a construit sur ces fondations en établissant un partenariat avec Point of View, qui a renforcé la participation d’activistes en Inde, ainsi qu’en incluant de nouvelles actrices et de nouveaux acteurs du Sri Lanka en travaillant avec le collectif Women and Media et du Népal en nouant un partenariat avec LOOM. Le projet a mis en relation des chercheuses et chercheurs, activistes, blogueuses et blogueurs et porte-paroles travaillant sur la santé et les droits sexuels et génésiques, incluant des travailleuses et travailleurs du sexe, des communautés LGBTIQ, des femmes handicapées et des rescapées et rescapés de violence dans ces trois pays.

Le projet a mis en capacité les mouvements, organisations, activistes, chercheuses et chercheurs pour les droits sexuels des trois pays de s’impliquer politiquement vis-à-vis des droits sur internet, de résister à la violence en ligne, à la régulation de contenus et à la censure, et de participer activement aux débats sur les politiques relatives à internet. Ceci a inclu la rencontre régionale EROTICS de 2017 au Sri Lanka et une session ponctuelle d’échange sur l’internet féministe organisée par APC et des partenaires à Bangkok. Cette session visait à explorer les principes féministes de l’internet en tant que cadre de valeurs appliqué à la situation politique de la sexualité, du genre et de la technologie dans la région Asie-Pacifique. Nous avons développé des recommandations pour le document de synthèse du Forum régional Asie-Pacifique sur la gouvernance de l’Internet (APrIGF), ce qui fut une façon de faire émerger les questions de genre et de sexualité dans les discussions sur la gouvernance d’internet dans la région. Nous avons aussi impliqué les États au CDH et dans son processus d’EPU, et renforcé l’importance des droits sexuels en ligne à la Commission de la condition de la femme de l’ONU et au Forum mondial sur la gouvernance de l’Internet (IGF).

En 2017, le projet a publié le rapport de recherche exploratoire EROTICS en Asie du Sud sur le sexe, les droits et l’internet, focalisé sur l’Inde, le Sri Lanka et le Népal. Il s’agit d’une étude de référence importante en Asie du Sud, qui s’intéresse aux défis et opportunités relatifs à internet tels que vécus par les représentantes et représentants des droits des femmes, des droits LGBTIQ et des droits sexuels. Il se penche aussi sur les cadres légaux, la réglementation, les expériences et les stratégies pour répondre aux défis, ainsi que sur l’utilisation de la « puissance » de l’internet.

APC a aussi cartographié comment les activistes pour les droits sexuels utilisent l’internet pour faire progresser leur travail. Ceci a été fait en 2017 à travers l’enquête mondiale EROTICS de 2017 sur la sexualité, les droits et les réglementations d’internet. L’enquête documentait les risques et les types de harcèlement auxquels les activistes étaient confronté·e·s, la régulation de contenus et la censure au sein desquelles elles et ils avaient à naviguer, et leurs réponses à ces menaces. La première enquête mondiale a été lancée en 2013, et une version légèrement modifiée du questionnaire a été appliquée comme exercice de suivi en 2014. L’enquête de 2017 incluait des entrevues en profondeur avec des activistes.

Nous avons élevé l’importance de la liberté sur internet en Afrique en co-organisant le Forum annuel sur la liberté sur internet en Afrique (FIFAfrica) en 2017 et 2018.

Via un travail avec le membre d’APC Collaboration on International ICT Policy for East and Southern Africa (CIPESA) et Media Foundation for West Africa (pour l’évènement de 2018), nous avons rassemblé des groupes et secteurs variés, dont des défenseuses et défenseurs des droits humains, des représentantes et représentants gouvernemetaux et d’entreprises, des journalistes et des développeuses et développeurs, afin de discuter de sujets cruciaux comme la vie privée, l’accès à l’information, la libre expression, la non-discrimination et la libre circulation de l’information en ligne sur le continent. Pendant le Forum annuel sur la liberté sur internet en Afrique (FIFAfrica), CIPESA a lancé son cinquième rapport annuel sur l’état de la liberté sur internet en Afrique, avec un focus sur la vie privée et la protection des données dans la région. Le rapport synthétise une recherche portant sur 13 pays, soulignant une tendance inquiétante à une plus grande surveillance numérique par les États africains, un manque de lois exhaustives sur la vie privée et des faibles niveaux de sensibilisation du public autour de la protection des données.

Étendu et supervisé le plaidoyer pour les droits sur internet
À travers le plaidoyer et la recherche, APC a rendu plus visible le sujet des droits économiques, sociaux et culturels (DESC) dans un climat où le plaidoyer concernant internet était principalement focalisé sur les droits civils et politiques.

En 2016, le projet d’APC « Connecting to your rights », qui a joué un rôle primordial dans l’obtention de la résolution avant-gardiste de l’ONU sur les droits humains en ligne, a étendu aux DESC le périmètre du plaidoyer et de la recherche sur les droits sur internet. Entre autres activités, le projet a conduit une recherche régionale sur les effets d’internet sur les DESC, a plaidé au CDH notamment en soumettant des contributions à la rapporteuse spéciale sur les droits culturels, et a exploré comment les DESC pouvaient être rendus accessibles par l’utilisation d’internet à travers 47 rapports de pays centrés sur ce sujet dans l’édition 2016 de l’Observatoire mondial de la société de l’information (OMSI).

Nous avons développé des outils pour surveiller l’état des droits sur internet en Amérique latine, et étendu notre compréhension des libertés sur internet dans la région en étudiant en profondeur les pays.

Ceci fut le résultat d’une initiative commune avec l’organisation membre d’APC Derechos Digitales : l’Examen de la liberté sur l’internet en Amérique latine (ExLILA). Le projet a produit un nouveau module pour le programme de formation d’APC « les droits sur internet sont des droits humains », focalisé sur les instruments du Système interaméricain des droits de l’homme et leur application à l’environnement numérique, ainsi qu’un cadre pour surveiller la situation des droits humains en ligne en Amérique latine et dans les Caraïbes basé sur le cadre original APC-La Rue mais adapté pour la région. Les rapports de pays ont examiné l’état des libertés sur internet en Colombie, au Costa Rica, au Mexique et au Paraguay, pendant qu’APC a contribué à la troisième édition de Latin America in a Glimpse, un rapport publié chaque année par Derechos Digitales soulignant les défis pesant sur les droits sur internet dans la région, à destination des participantes et participants au Forum mondial sur la gouvernance de l’internet (IGF).

APC a souligné les menaces auxquelles nous devons faire attention si nous voulons  qu’un futur intégrant l’intelligence artificielle soit construit dans le respect de la dignité humaine.

Notre attention envers les sujets de plaidoyer émergents pendant la période a inclu la compréhension des implications de l’intelligence artificielle (IA) d’un point de vue des droits humains, de la justice sociale et du développement. En 2019, nous avons rassemblé des expériences concrètes sur la façon dont l’IA est utilisée dans les pays du Sud via 40 rapports de pays dans une édition de l’OMSI. Cette édition, publiée en partenariat avec ARTICLE 19, a rassemblé une mosaïque de voix issues de toute la planète et a insisté sur une approche du déploiement des technologies d’IA centrée sur l’humain.

 

Découvrez ici plus d'informations sur nos avancées entre 2016 et 2019.