Utilisation et développement : Qu’avons nous accompli de 2016 à 2019 ?

13 octobre 2020

De 2016 à 2019 nous avons travaillé pour donner aux différents acteurs de la société civile, aux activistes des droits des femmes et aux activistes des droits sexuels la capacité d’utiliser l’internet et les TIC en toute confidentialité et de s’impliquer dans leur développement. Quelles ont été nos avancées en ce sens ? Découvrez-les !

Encourager l’utilisation de technologies durables, collaboratives, dans le respect des données privées
Pendant ces quatre années, nous avons encouragé auprès de nos membres et partenaires de projets l’adoption de solutions technologiques à code source ouvert, durables, collaboratives et respectant les données privées.

Les programmes de petites subventions d’APC ont permis à nos membres et partenaires de mettre en place des solutions technologiques innovantes et durables. Le projet « Connecter les non connectés » d’APC Labs, notre incubateur d’innovations techniques, a permis de financer les collaborations entre développeurs de logiciels, de développer des Libre Router sans fil à bas coût et de les distribuer dans les réseaux communautaires. Pour 2019 uniquement, les petites subventions d’APC Labs ont couvert 11 subventions pour des projets pionniers ("catalytic pathfinder grants" en anglais) et ont proposé un soutien à trois initiatives supplémentaires. Grâce à ces petites subventions, nos membres ont mis en œuvre les projets suivants : Germination de réseaux communautaires Abya Yala (Semillero de redes comunitarias Abya Yala – en Argentine et au Mexique), Territoires numériques (Territorios Digitales – en Argentine), et Barefoot Wireless Women-Connecting the Unconnected (en Inde).

Nos membres ont également été actifs sur le terrain en zone rurale. Par exemple au Kenya, Arid Lands Information Network (ALIN) a installé un système électronique de registre de données agricoles qui a été primé pour l’aide apportée à 16 000 agriculteurs pour préparer une documentation complète sur leurs activités et leurs revenus agricoles. De plus, le bureau Computer Aid Kenya a créé le Malezi Community Digital Hub dans l’une des communautés les plus vulnérables du pays. En Inde, la Digital Empowerment Foundation a créé des ressources d’initiation aux médias et à la maîtrise de l’information et du numérique (MIL) pour les utilisateurs de première génération.

Tandis que Pangea pilotait un projet de réutilisation des technologies en Espagne, Nodo TAU ouvrait un atelier de recyclage des déchets électroniques en Argentine, et Sulá Batsú travaillait auprès de jeunes femmes vivant en milieu rural au Costa Rica sur des technologies durables sur le plan écologique.

Alternatives a lancé l’École de sécurité numérique au Québec, pendant que notre membre eQualit.ie publiait le premier protocole synchrone et entièrement sécurisé au monde de logiciel libre pour les discussions de groupe, (n+1)sec. Dans le cadre du partenariat InfraRed, les membres d’APC contribuent également à la mise en place d’infrastructures en ligne alternatives sécurisées qui permettent à leurs utilisateurs de collaborer en ligne sans que leurs données ne soient exploitées et vendues.

Nous renforçons également les capacités des organisations à proposer leurs propres ateliers de formation en sécurité numérique, et nous avons développé les outils pour les aider en ce sens.

L’une des principales stratégies d’APC est de renforcer la capacité locale afin de pouvoir répondre à la demande grandissante en formations en sécurité numérique. Notre Kit de premiers secours en sécurité numérique pour les défenseur.e.s des droits humains, qui en est actuellement à sa deuxième édition, a été mis à jour en 2016 et a servi à nos partenaires lors de formations en Inde, en Pakistan et en Malaisie dans le cadre du projet Plaidoyer pour le changement en Inde, en Malaisie et au Pakistan (IMPACT) (IMPACT).

Pendant ces quatre ans, nous avons augmenté notre utilisation des logiciels libres dans nos processus internes.

APC a déjà migré presque tous ses services en ligne sur des plateformes de logiciels libres et à code source ouvert (FLOSS). Nous avons développé une politique internet relative à l’utilisation et la promotion des outils de logiciels libres, et l’ensemble des membres de l’équipe respecte les normes de base de sécurité pour les technologies à code source ouvert. Notre équipe suit les pratiques suivantes en termes de sécurité : utilisation de PGP, listes de diffusion chiffrées, et amélioration des stratégies pour la sauvegarde de sécurité des serveurs.

Davantage de sécurité pour les défenseur.e.s des droits humains et utilisation des technologies pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes.
Notre travail a amélioré la sécurité en ligne des activistes féministes qui travaillent partout dans le monde.

Des centaines de journalistes, de blogueuses, d’adolescentes, de féministes et autres défenseur.e.s des droits humains sont désormais plus en sécurité en ligne suite aux interventions d’APC pour proposer des formations en sécurité numérique. Des membres ont enseigné à des adolescentes à coder en Bosnie-Herzégovine (One World Platform), d’autres ont organisé des hackatons pour les femmes au Costa Rica (Sulá Batsú), et nous avons proposé nos propres ateliers de renforcement des capacités destinés aux activistes du genre et des droits sexuels. Le travail que nous avons réalisé pour contrer la violence de genre a conduit à l’augmentation du nombre de demandes de formations en sécurité numérique depuis une perspective féministe. Pendant ces quatre années, nous avons organisé des ateliers de formation entre autres au Népal, au Sri Lanka, en Inde, en Turquie, au Mexique ou encore en Équateur.

Nous avons élaboré un programme de formation pour renforcer la confiance des activistes féministes et qu’elles sentent qu’il est possible de travailler en ligne en toute sécurité.

Parallèlement au Kit de premiers soins en sécurité numérique, notre Programme des droits des femmes a travaillé en collaboration pour élaborer ce que nous appelons le programme FTX: Safety Reboot (Redémarrage de sécurité) dans le cadre de notre méthodologique d’Échanges techniques féministes (FTX) qui encourage l’appropriation féministe des technologies. Ce programme est devenu un outil important pour aider les communautés à partager leurs connaissances et leurs valeurs en termes de représentation et d’expression, et renforcer leur confiance et leurs compétences pour travailler efficacement en toute sécurité dans les espaces en ligne.

Ce programme a été élaboré à la suite d’une série d’ateliers regroupant des féministes et des activistes des droits sexuels dans le monde entier, notamment au Kenya, en Espagne, au Népal, au Mexique et en Afrique du sud. Composé pour le moment de cinq modules, deux autres devraient être publiés en 2020. La plateforme FTX a également été redessinée avec des modules pour étudier des domaines comme la violence de genre en ligne, l’évaluation du risque, la sécurité du portable ou encore la pratique et les principes féministes de l’internet. Ce programme est « vivant », avec des modules adaptables, améliorables et localisables pour des formations dans des contextes différents. Les modules ont déjà été utilisés pour des ateliers dans huit pays, et environ 60 femmes, qu’elles soient défenseures des droits humains, avocates, activistes des droits sexuels ou en faveur des LGBTIQ ont ainsi pu apprendre à se protéger en ligne.

Les formatrices en sécurité numérique féministe ont également renforcé leurs capacités lors de nos rencontres FTX. 

Les « Rencontres FTX » sont des espaces sécurisés permettant aux formatrices en numérique de se rencontrer et de partager leurs expériences concernant l’utilisation, l’adaptation et la localisation des modules du programme de formation FTX: Redémarrage de sécurité. C’est une manière de renforcer la confiance et la conscience de soi des formatrices et facilitatrices, de mieux comprendre leurs frustrations, leurs stratégies et leurs besoins, et de chercher ensemble la manière pour elles de répondre à la multitude de défis que les organisations doivent résoudre pour lutter en faveur des droits des femmes et des droits sexuels. Pendant cette période de quatre ans, 107 formatrices ont ainsi pu être formées par le biais de petites subventions.

Encourager les échanges inter-mouvements dans la communauté d’APC
APC a renforcé la capacité des activistes à raconter leurs histoires en ligne de manière effective.

Nous avons formé les activistes à raconter des histoires numériques, une autre méthodologie essentielle de renforcement des capacités dont se sert APC.  Il s’agit d’un outil important pour l’activisme numérique, que ce soit pour combattre la violence en ligne à l’égard des femmes, auprès des personnes vivant avec un handicap ou pour aider les personnes transgenre à raconter leur histoire. APC a continué à organiser des ateliers d’histoires numériques au cours de ces quatre années, notamment à travers son projet Créer des réseaux EROTICS en Inde, au Népal et au Sri Lanka sur la sexualité et l’internet en 2017 puis à nouveau en 2019. Nous avons également réalisé des ateliers d’histoires numériques dans le cadre de notre démarche féministe pour utiliser les technologies libres et à code source ouvert, et pour promouvoir les licences Creative Commons. En 2016, nous avons lancé une nouvelle plateforme d’histoires numériques pour soutenir notre travail, qui propose une série d’histoires tirées des ateliers auxquels nous avons participé durant toutes ces années, ainsi que des ressources et des informations sur la méthodologie que nous suivons pour ces histoires numériques.

Nous élaborons actuellement un module de création d’histoires numériques pour les formateurs avec un volet sur la sécurité numérique, qui repose sur notre travail depuis 2007 en matière d’histoires numérique et répond au grand intérêt que manifestent tant la communauté d’APC que nos partenaires et alliés pour les histoires numériques en tant que méthodologie.

Avec les événements Disco-tech, nous avons favorisé l’échange d’expériences pratiques entre les différents acteurs et nous avons donné des opportunités pour le réseautage et la création de nouveaux partenariats.

Ce sont des histoires d’un autre type qui sont racontées à notre populaire événement parallèle Disco-tech au Forum annuel sur la gouvernance de l’internet (FGI). La Disco-tech est une soirée pour s’amuser, manger et écouter des petites présentations pratiques du travail de nombreux acteurs sur un sujet important pour l’accès et les droits de l’internet. Cet événement informel d’apprentissage par les pairs a été conçu pour rapprocher les solutions politiques et techniques relatives aux questions de droits et libertés de l’internet. Au cours de ces quatre années, la Disco-tech a abordé des thèmes tels que les interruptions de l’internet en Afrique (lors d’une Disco-tech spéciale organisée avant RightsCon Tunis en 2019), les conséquences des TIC sur l’environnement (au FGI 2019), handicap et accessibilité de l’internet (2018), la criminalisation de l’expertise technique (2017) et les réseaux communautaires (2016).

Lisez le Rapport d’impact d’APC 2016-2019 dans son intégralité ici.


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