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Image: Illustration par Nadège pour le FTX: Safety Reboot curriculum.

APC a soutenu les femmes et les communautés LGBTQI+ pendant la pandémie, en les aidant à faire face à l’intensification des menaces et des violences qu’elles subissent. Nous avons transféré notre programme de renforcement des capacités en format virtuel. Nous avons soumis des mémoires concernant la violence basée sur le genre au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Finalement, à l’aide de petites subventions, nous avons veillé à ce que des fonds soient acheminés aux femmes marginalisées qui en avaient le plus besoin.

Bâtir une cybercommunauté pour un internet féministe

Pendant la pandémie de COVID-19, APC a continué à rassembler une communauté féministe de femmes et de personnes LGBTQI+ par l’entremise d’événements en ligne, toujours selon nos principes directeurs de diversité et d’inclusion. Parmi ces événements virtuels, il y a eu une rencontre Réapproprie-toi la technologie!, des formations sur le récit organisées par le réseau EROTICS et les Échanges technologiques féministes FTX, ainsi que le deuxième congrès du Réseau de recherche sur l’internet féministe (FIRN). Lors de ce congrès tenu en juin, APC a poursuivi son travail de co-création et d’enrichissement de nos connaissances collectives sur la construction d’un internet féministe. Des partenaires du réseau FIRN, basés dans différentes régions du Sud global, y ont partagé leurs expériences et leurs résultats issus de huit projets de recherche.

Après plusieurs années de travail, le manuel de formation FTX : Redémarrage de sécurité (FTX: Safety Reboot) a été lancé en novembre 2020. Conçu comme un outil critique et en constante évolution, ce manuel est destiné aux formatrices féministes qui se spécialisent dans la formation sur la sécurité numérique et la violence genrée en ligne. Il contient six modules et il est traduit en quatre langues (anglais, français, espagnol et portugais). Pendant l’année, les membres du réseau FTX ont organisé des rencontres informelles pour discuter notamment des manières d’organiser des formations virtuelles et des événements en ligne avec un souci spécifique pour les questions de sécurité numérique. Nous avons également développé un nouvel espace en ligne pour accompagner le programme de formation FTX.

APC a fait la promotion de la sécurité numérique d’un point de vue féministe en organisant des formations virtuelles à ce sujet. Il y a eu le très réussi lancement du #FTXStory, un manuel de formation sur la mise en récit numérique avec lequel nous continuerons de travailler en 2021. Dans le cadre de notre projet EROTICS en Asie du Sud, nous avons organisé une formation, destinée aux personnes formatrices, sur le récit numérique. Au cours de cette formation, nous avons appris comment organiser un atelier virtuel qui assure la sécurité et le bien-être des personnes participantes.

En 2020, la campagne Réapproprie-toi la technologie! a continué à utiliser l’espace des 16 jours d’activisme pour mettre en lumière la cyberviolence basée sur le genre dans une perspective d’autonomie et de contrôle des technologies. La campagne s’est penchée sur l’enchevêtrement de fils de la découverte, des possibles et du plaisir et sur la création de circuits de résistance contre la violence en ligne basée sur le genre. Elle s’est tenue sous la forme de trois journées de concerts d’idées asynchrones, des cocons de bien-être collectif, d’espaces ludiques en temps réel et de séances de réflexions ouvertes, en plusieurs langues et en direct.

Faire évoluer les politiques vers un internet féministe et partager les connaissances

La pandémie de COVID-19 a intensifié la violence que les femmes subissent en ligne et hors ligne. Dans le cadre de son travail, APC vise à influencer le cadre des droits humains de l’ONU. À cet effet, nous avons soumis un mémoire à la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes pour son rapport thématique qui portait sur la violence domestique envers les femmes pendant la pandémie. Nous avons également aidé des partenaires à soumettre des rapports nationaux sur cette question, au Lesotho, au Zimbabwe, en Ouganda, au Nigeria, en Inde, aux Philippines et en Bosnie-Herzégovine. Les rapports du Lesotho et du Zimbabwe ont été soumis par notre partenaire de longue date, la Coalition des lesbiennes africaines (CAL), qui a toujours abordé les questions liées aux technologies numériques avec ses membres.

APC a co-animé le Forum des meilleures pratiques du Forum de gouvernance de l’internet (IGF) sur le genre et l’accès. Nous avons ainsi poursuivi notre travail visant à influencer les processus de gouvernance afin qu’ils intègrent des perspectives féministes. En 2020, le Forum des meilleures pratiques a mené une évaluation des processus et des espaces politiques liés à l’internet en utilisant une approche féministe, afin de déterminer si et comment ils protègent et encouragent la participation des femmes et des personnes de la diversité de genre, en particulier les jeunes.

Tout au long de l’année, l’équipe du Programme des droits des femmes d'APC a participé à des webinaires, des discussions et d’autres réunions en ligne, le plus souvent à la demande de partenaires et de membres de notre réseau. Lors de ces événements, nous avons attiré l’attention sur l’intersection entre les droits des femmes, le féminisme, la sexualité et la technologie.

APC a également formé un partenariat de diffusion avec le magazine Pikara, un média féministe, dans le but de combler le manque de connaissances sur le féminisme et les droits numériques.

Pendant l’année 2020, les abonnements aux comptes Twitter d'APC faisant la promotion des droits des femmes en ligne, @takebackthetech et @dominemoslastic, ainsi que le lectorat de notre site web féministe GenderIT.org ont augmenté de façon significative.

Octroyer des ressources pour soutenir une réponse féministe à la COVID-19

Grâce à notre campagne Toutes les femmes comptent : Réapproprie-toi la technologie!, APC a suscité des réponses créatives à la violence sexiste en ligne au sein de groupes informels et marginalisés. Le projet a accordé 18 petites subventions à des individus, des organisations et des collectifs en Afrique, en Asie du Sud et au Royaume-Uni. Parmi les 191 contenus émanant du projet, 62 ont été produits dans une autre langue que l’anglais, ce qui a contribué de manière significative à l’accessibilité de l’information dans des langues locales. Avec ces subventions, nous avons veillé à ce que les communautés les plus démunies reçoivent des ressources pendant la pandémie, y compris les individus et les collectifs travaillant sur le terrain qui normalement n’auraient pas eu accès à de telles ressources.

KICTANet a soutenu la construction d’une communauté de créatrices de contenu en ligne au Kenya

Le réseau KICTANet, membre d'APC, a renforcé la capacité des femmes à créer du contenu en ligne en utilisant différents médias au Kenya pour répondre à la nécessité de lutter contre la cyberintimidation. L’organisation a produit un guide de création de contenu et une bande dessinée qui servent à promouvoir le rôle des internautes dans la création d’espaces sûrs pour les femmes. KICTANet a aussi participé à des émissions de télévision nationales pour y parler des façons dont les femmes peuvent créer du contenu en ligne. L’émission télévisée a par ailleurs présenté une introduction pratique à la création de contenu pour les femmes vivant dans les zones rurales. Les femmes formées par KICTANet ont maintenant mis sur pied une communauté de créatrices de contenu qui s’entraident en se donnant leur avis et en étant les premières spectatrices de leurs contenus respectifs.

Nodo TAU a façonné le tissu collectif des expériences des femmes en Argentine pendant la pandémie

L’organisation Nodo TAU, qui est membre d’APC, a encouragé la reconnaissance et la compréhension des expériences des femmes pendant la pandémie en organisant une série de rencontres en ligne avec trois groupes de femmes à la fin de l’année 2020. Des enseignantes et formatrices, des femmes artistes et artisanes et des organisatrices communautaires ont échangé sur leurs expériences lors de ces réunions, en mettant l’accent sur la relation entre le genre, les technologies et la pandémie. Les femmes ont collaboré à la création de deux vidéos animées, de deux podcasts et d’une série de cartes postales et d’affiches qu’elles ont diffusées en format numérique et imprimées dans leurs réseaux et communautés.

L’organisation Intervozes a créé des vagues de résistance au Brésil

L’organisation Intervozes, membre d'APC, a travaillé avec des organisations et des communautés autochtones au Brésil pour les aider à partager les histoires des pêcheuses, des conchylicultrices, des travailleuses rurales, des quilombolas et d’autres femmes issues de territoires traditionnels qui furent touchés par une marée noire sur la côte brésilienne pendant la pandémie. Dans le cadre d’un projet appelé « Vagues de résistance », elles ont créé une série de podcasts en six épisodes sur des sujets tels que le droit à l’eau, le droit à la santé, le droit à une alimentation adéquate, l’internet et les inégalités. Ces épisodes ont été diffusés sur des groupes WhatsApp et sur 30 stations de radio communautaires au Brésil. Le projet comprenait un cours sur la communication et la justice socio-environnementale destiné aux communicateurs et communicatrices. L’ensemble du contenu du projet a été produit par des femmes. Le projet contenait des entrevues avec 24 femmes, principalement des femmes noires.

Lire le rapport annuel complet (en anglais) ici.