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Comment les membres d’APC améliorent-ils le quotidien de leurs communautés ? Nous présentons dans cette chronique des récits qui soulignent l’impact et les changements opérés par nos membres, avec l’aide de subventions secondaires d’APC. Au CITAD, cela s’est concrétisé par le développement de nombreux projets visant à réduire les fractures numériques et à donner du pouvoir aux communautés locales au Nigeria.

Basé au Nigeria, le Centre de technologie de l’information et de développement (CITAD) est membre du réseau APC depuis 2015. Depuis, il s’est engagé dans un éventail impressionnant de projets visant à mobiliser la technologie pour le développement durable et la bonne gouvernance. Il se concentre en particulier sur l’autonomisation des jeunes et des femmes. Pour ce faire, le centre cherche continuellement des façons novatrices d’utiliser les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour améliorer l’accès à l’information, renforcer les compétences et mettre les gens en lien avec les ressources nécessaires. L’éducation, le plaidoyer et la promotion des entreprises TIC forment les trois piliers de leur travail.

Connecter les femmes sur les ondes

Parmi les multiples réalisations qui illustrent la portée de leur travail, le projet d’émission radiophonique mené en 2016 est particulièrement intéressant. À l’époque, le CITAD avait produit une série de 13 épisodes radiophoniques sur la cyberviolence basée sur le genre. L’émission avait été réalisée dans le cadre d’un projet qui visait à renforcer les capacités de 500 femmes et filles en matière de prévention de la violence en ligne.

L’idée de créer un programme radio, plutôt qu’une campagne en ligne, était une décision stratégique. Selon le directeur général du CITAD, Y. Z. Ya'u, « les femmes écoutent la radio – celle-ci a une certaine crédibilité, et elle atteint également les personnes qui n’ont pas accès à l’internet ». Grâce à une subvention d’APC, cette série radiophonique a été largement diffusée et a permis aux communautés locales d’avoir accès à des informations et des ressources importantes.

Le CITAD plaide en faveur de l’inclusion numérique des femmes, notamment au sein des instances de gouvernance de l’internet. Leur travail de plaidoyer a mené à la création d’un pré-forum « Femmes et Gouvernance de l’internet » qui précède le Forum sur la gouvernance de l’internet au Nigeria (NIGF). D’abord pilotée par le CITAD, l’initiative a été reprise l’année dernière par le NGIF qui en a fait un événement officiel et annuel. Ce plaidoyer a aussi été soutenu par une subvention d’APC.

Photo : Dr. Sana Abdullahi Mu'az, doctorante en génie logiciel (Université Bayero, Kano), présente un article sur la technologie du genre à la Bauchi Feminist Internet School organisée par le CITAD. (CITAD)

Plaider pour une éducation inclusive

Plus récemment, le CITAD s’est lancé dans un autre projet important, cette fois dans l’intention d’examiner les expériences des personnes handicapées dans les établissements d’enseignement supérieur au Nigeria. Grâce à une petite subvention d’APC reçue en 2019, le CITAD a pu identifier de nombreuses lacunes dans les politiques et les pratiques pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Par exemple, leurs recherches ont démontré un manque flagrant de politiques destinées au corps enseignant sur la façon de travailler avec les personnes handicapées, un phénomène présent dans de nombreuses institutions. Donnant un exemple particulièrement troublant, Ya'u explique qu’il y a des « situations où des étudiant·es malvoyant·es utilisent un enregistreur pour enregistrer, mais parce qu’il n’y a pas de politiques, certain·es professeur·es les réprimandent devant la classe. »

Ya’u décrit l’exclusion numérique comme un obstacle majeur pour les personnes handicapées qui fréquentent les établissements d’enseignement supérieur. Ces personnes peuvent être laissées pour compte par une foule de moyens, avance-t-il. « Très peu d’établissements disposent d’installations spéciales pour les personnes handicapées », note Ya’u. Par exemple, les bibliothèques n’ont qu’un accès minimal aux livres électroniques et la participation aux examens d’entrée exige des connaissances techniques. Lorsque même l’admission à l’enseignement supérieur est un obstacle, l’inscription et la participation deviennent pratiquement impossibles.

En conséquence, les personnes handicapées au Nigeria sont souvent poussées vers des programmes d’éducation spécialisée. En l’absence d’installations adaptées ou de politiques d’inclusion numérique, les rêves d’études supérieures en droit ou en génie, par exemple, deviennent irréalisables. Les recherches de CITAD dans ce domaine continuent d’évoluer et l’organisation explore des façons de promouvoir l’inclusion numérique.

Ensemble pour amplifier le changement

Ya'u souligne comment les subventions secondaires, et les opportunités qu’elles créent, permettent aux membres d’APC de faire un travail significatif qu’ils ne pourraient pas faire autrement. Avoir accès à cette source de financement « a permis aux membres d’acquérir plus d’expérience, et, d’une certaine manière, de s’enraciner dans leurs propres communautés » déclare Ya'u. Avec ce type de financement, ils évitent le processus laborieux des candidatures et des rapports qui vient habituellement de pair avec les grandes subventions. Les organisations ont donc plus de souplesse pour répondre rapidement et efficacement à l’évolution des contextes.

Par conséquent, les subventions secondaires ont de nombreux effets positifs. D’un côté, des organisations comme le CITAD peuvent se concentrer sur des questions locales. De l’autre, elles peuvent aussi apprendre en se joignant à d’autres organisations qui travaillent sur des problèmes similaires dans leur région ou ailleurs. Comme le note Ya’u, « Nous donnons une voix à des enjeux locaux. Lorsque nous nous exprimons au niveau local, APC fournit une plateforme qui fait porter nos voix à une échelle plus large. D’une certaine manière, le programme de subventions apporte sa voix à nos contextes locaux, tout en portant notre voix à l’échelle mondiale. »

De cette façon, le CITAD a collaboré avec un autre membre d’APC au Nigeria, la Fondation Fantsuam, qui mobilise également les TIC pour lutter contre la pauvreté et les inégalités. À l’aide de trois subventions secondaires, le CITAD a pu travailler avec la Fondation Fantsuam au niveau de la formation et du renforcement des capacités. « Grâce à cela, nous les avons impliqués dans d’autres projets que nous faisons », ajoute Ya’u. Cette expérience encourageante montre comment un soutien financier à court terme peut contribuer à développer des relations enrichissantes et bénéfiques entre organisations de la société civile, et réduire la séparation numérique des membres d’APC.

En plus de faire grandir de nombreux projets grâce aux subventions d’APC, le CITAD travaille avec des réseaux communautaires sur le projet d’APC « Connecter les non connectés : soutenir les réseaux communautaires et d’autres initiatives de connectivité à base communautaire ». Avec les autres membres d’APC, le CITAD amplifie le changement en œuvrant en faveur d’un véritable accès.

Photo : L’équipe chargée des réseaux communautaires au CITAD rend une visite d’apprentissage à l’équipe des réseaux communautaires de la Fondation Fantsuam, à Kafanchan. (CITAD)

 

L’histoire mentionnée dans cet article est tirée du rapport « Poursuivre le dialogue : Leçons tirées des subventions secondaires d’APC ». Ce rapport présente les résultats d’entretiens et d’enquêtes auprès de notre équipe de travail ainsi que des membres et partenaires d’APC qui ont bénéficié d’un financement à travers notre programme principal de subventions secondaires, soutenu par l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), ou de nos autres subventions secondaires présentées dans le cadre de projets d’APC.

Cette histoire vous a inspiré·e à semer les graines du changement dans votre communauté ? Racontez-nous votre histoire en nous écrivant à l’adresse suivante : communications@apc.org