Récits numériques

« Si je devais choisir ce qu’APC a le plus apporté dans mon organisation ces quatre dernières années, ce seraient les récits numériques », a indiqué Valentina Pellizzer, directrice d’OWPSEE, une ONG de communications basée à Sarajevo et membre d’APC.

Que sont les récits numériques?

Tout le monde a quelque chose à raconter, et c’est en racontant notre histoire que l’on découvre les expériences et apprentissages que nous avons en commun avec les autres. Raconter des récits peut également avoir un impact profond sur celui qui raconte – c’est en racontant qu’on peut interroger et approfondir notre compréhension de nos expériences et perceptions du monde dans lequel nous vivons et travaillons, et aussi de nous-mêmes. Elles peuvent tisser ensemble nos expériences individuelles et donner ainsi une image d’une communauté, d’un groupe, d’une vision ou d’une valeur partagée.
 
Le terme « numérique » du récit numérique désigne le support utilisé pour transmettre les histoires. Les récits numériques sont produits, stockés et disséminés sur un support numérique. L’objectif est que l’auteur puisse contrôler le support, le choix des mots (narration), les images et la musique pour que le processus ait autant de force pour l’auteur que le produit final pour l’auditeur. Le Programme d’aide aux réseaux de femmes d’APC (PARF d’APC) utilise les récits numériques pour informer, évaluer et apaiser les souffrances, et il considère qu’il s’agit d’outils importants pour le plaidoyer.

En quoi les récits numériques sont-ils utiles?

Il peut s’avérer difficile de prendre le contrôle des technologies quand l’accès, la confiance, la langue, la formation, le temps ou le lieu permettant d’expérimenter font défaut. Le PARF d’APC forme les femmes à l’utilisation des TIC depuis 1995. Il a conscience que les militantes mépriseront souvent les technologies tant qu’elles ne voient pas leur utilité et leurs applications possibles. La méthodologie des récits numériques a simplifié cet outil de façon à le rendre accessible avec une petite formation, ce qui motive les gens à raconter leurs propres histoires.

Le début des récits numériques

En 2006, le membre d’APC Women’sNet [en anglais] a travaillé avec les survivantes de violence basée sur le genre et les a aidées à élaborer et produire leurs propres récits numériques. Cette expérience s’est avérée très forte tant pour les formateurs que les participants et a inspiré le réseau africain du PARF à réaliser un atelier similaire mais à niveau régional en 2007. Cet atelier (Formation des femmes en réseau électronique en Afrique, ou WENT Afrique) a réuni des femmes qui ont décrit la vie des femmes touchées par la violence. Dès le début de l’atelier, le groupe a réalisé que chacune des femmes présentes avait une histoire de violence à raconter, si bien que 12 petits films ont été réalisés

Depuis, APC a formé de nombreuses personnes à l’utilisation des récits numériques pour l’activisme, que ce soit pour que les femmes qui luttent contre la violence à l’égard des femmes, les personnes handicapées et leurs familles ou les transsexuels racontent leurs histoires, ou pour que ces récits numériques servent comme outils d’évaluation dans la Méthodologie d‘évaluation du genre (GEM) d’APC [en anglais]. Étant données la force et la popularité de cette méthodologie, celle-ci est de plus en plus utilisée et mise en application. Dans notre travail pour le projet OMD3, le PARF d’APC a organisé des Échanges féministes sur la technologie [en anglais] (Feminist Tech Exchange – FTX) dans 12 pays en 2010 pour former les survivantes de la violence à la production de récits numériques.

Lors du forum de 2008 de l’Association pour les droits des femmes pour le développement (AWID), le PARF d’APC a organisé un FTX. Un atelier de récits numériques a permis à de nombreuses participantes de créer des récits numériques. Celles-ci ont été projetées et ont inspiré plus de 2000 personnes présentes à l’AWID pour utiliser les technologies pour le changement social. Les récits numériques font également partie des Échanges féministes sur la technologie (FTX), une campagne mondiale pour aider à rendre les femmes autonomes grâce aux technologies. Des femmes du monde entier commencent maintenant à utiliser les récits numériques pour apaiser leurs souffrances, devenir plus autonomes et prendre conscience du besoin de changement. En raison de la nature du contenu, le risque d’identification peut présenter une menace pour les auteures ; c’est pourquoi les auteures de récits numériques sont totalement propriétaires de leurs travaux et peuvent décider si le récit sera publié en ligne, utilisé à des fins éducatives ou autres. Pour certaines, le seul fait d‘écrire l’histoire permet d’apaiser les souffrances.

*Voir quelques récits numériques sur le site de Réapproprie-toi la technologie!*

Lire [en anglais] à propos de la stagiaire du FTX qui a gagné le Prix du jeune reporter du Comité international de la Croix-Rouge avec son récit numérique créé au FTX du Pakistan et voir [en anglais] son récit numérique d’une rescapée d’attaque à l’acide.

Voir des récits numériques de l’atelier de récits numériques pour les jeunes handicapés africains (2009):
dark world [en anglais]
My unexpected teachers [en anlgais]
Miss courageous [en anglais]

Voir des récits numériques de l’atelier FTX en Afrique du Sud (2008). [en anglais]

Voir des récits numériques de la Formation des femmes en réseau électronique (WENT) en Afrique (2007). [en anglais]

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