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Le 13 janvier, Madeeha Abdalla, rédactrice en chef d’Al-Midan, a été inculpée pour crimes contre l‘État par les services nationaux de renseignement et de sécurité (NISS). Cette inculpation est probablement liée au fait qu’Al-Midan ait refusé toute censure préalable à la publication et qu’elle ait couvert des mouvements politiques interdits au Soudan. Récemment, Al-Midan a publié l’interview d’un chef militaire du Mouvement pour la libération du peuple du Nord Soudan (SPLM-N), un mouvement séparatiste de l‘État du Nord Kordofan.1

Selon les charges retenues contre Abdalla, elle sera jugée pour actes de conspiration criminelle, atteinte au système constitutionnel, encouragement à l’opposition violente ou criminelle envers l’autorité publique, et publication d’informations fallacieuses (articles 21, 50, 63 et 66 du Code pénal)2. Le maximum encouru pour de telles charges est la peine de mort. Abdalla a été relachée sous caution et elle a reçu le soutien d’un grand nombre de journalistes et de défenseurs des droits humains lors de sa première comparution à la Cour le 20 janvier dernier. La prochaine audience aura lieu le 16 février.

APC condamne fortement les accusations portées à l’encontre d’Abdalla, qui constituent clairement une violation des droits humains à la liberté d’opinion et d’expression et au droit à l’information. La liberté des médias est essentielle pour une gouvernance démocratique et responsable, puisqu’elle permet de dénoncer les violations commises contre les droits humains par les gouvernements et le secteur privé. Ces répressions récentes de la liberté des médias entrent en violation de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de nombre de conventions internationales et de traités ratifiés par le Soudan.

Le Soudan fait partie des pays les plus restrictifs au monde en matière de liberté des médias. En 2014, le Soudan se plaçait en 172è position parmi la liste de 180 pays du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières3 avec l’arrestation courante de journalistes qui ne respectent pas la censure avant diffusion.

Nous manifestons notre solidarité avec Madeeha et les journalistes Soudanais.

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[1] RSF, « Une journaliste d’Al-Midan à nouveau dans le collimateur du pouvoir Soudanais » http://fr.rsf.org/sudan-une-journaliste-d-al-midan-a-21-01-2015,47522.html
[2] Sudan Tribune, « Sudanese journalist charged with undermining constitutional order » http://www.sudantribune.com/spip.php?page=imprimable&id_article=53680
[3] RSF, « Les grandes évolutions de l‘édition 2014 » http://rsf.org/index2014/en-index2014.php