La fin de la troisième édition des petites subventions GenARDIS pour les femmes rurales

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Par LC pour APCNouvelles

JOHANNESBURG, Afrique du Sud, 15 April 2010

Pourquoi GenARDIS?

Récipiendaires de la 3e édition de GenARDIS à l’atelier final à JohannesbourgRécipiendaires de la 3e édition de GenARDIS à l’atelier final à JohannesbourgGenARDIS est pour la sourde en Ethiopie qui peut à présent produire ses propres revenus à l’aide de la photographie numérique. GenARDIS est pour les mères de l’Afrique rurale qui peuvent maintenant apporter un revenu supplémentaire à leur famille parce qu’elles peuvent vendre à des acheteurs en dehors de leur communauté. GenARDIS est pour les petites productrices qui ne sont plus exploitées par les intermédiaires et qui peuvent à présent obtenir un juste prix pour leurs produits en envoyant un simple SMS. C’est aussi pour les productrices du Cameroun qui peuvent acheter de nouveaux outils mieux adaptés grâce à une hausse de leurs revenus et la capacité d’appeler en ville pour commander le produit. GenARDIS est pour les villageois de Tanzanie qui étaient fatigués de marcher trois heures pour se rendre au marché et ont décidé de créer et de construire leur propre marché en utilisant la radio et le téléphone mobile pour avoir des clients.

C’est pour les vies des hommes et des femmes ruraux qui changent grâce à l’accès aux technologies. GenARDIS est la raison pour laquelle des bailleurs de fonds comme Humanist Institute for Cooperation with Developing Countries (Hivos), le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, l’Institut international pour la communication et le développement (IICD) et le Centre technique pour la coopération agricole et rurale (CTA) s’unissent à APC pour financer la recherche et les projets sur le terrain dans les communautés rurales dans le monde.

Le programme de petites subventions pour le Genre, l’agriculture, le développement rural et la société de l’information (GenARDIS) a été lancé en 2002 a été créé en 2002 pour participer à la prise en charge des questions de genre liées à l’application des TIC pour le développement agricole et rural en Afrique, aux Caraïbes et dans le Pacifique.

La troisième édition de GenARDIS a reçu plus de candidatures que jamais – plus de 200. Après deux ans de recherche et de mise en œuvre de projets dans les pays comme l’Ethiopie, la République Démocratique du Congo et la Zambie, avec des projets aussi variés que les pays dans lesquels ils étaient réalisés, allant des groupes de théâtre radiophonique au contrôle des animaux nuisibles grâce à l’accès aux informations en passant par l’utilisation de la technologie pour promouvoir l’héritage des femmes et leurs droits à la terre. Les bénéficiaires ont présenté leurs résultats, leurs difficultés et leurs analyses et ont reçu des outils leur permettant de mener leur recherche à une autre étape, au-delà de GenARDIS – en utilisant les résultats pour le plaidoyer, en formalisant la recherche et en la publiant dans les médias grand public et en apprenant les nouveaux outils de suivi et d’évaluation en vue d’une utilisation future.

Oumy Ndiaye duCTAOumy Ndiaye duCTAOumy Ndiaye, Chef de la Division des services de communication au CTA, a pris part à l’atelier pour mieux comprendre le travail qui se fait sur le terrain et a fait des remarques utiles aux récipiendaires. Selon elle, « GenARDIS est une opportunité de voir les choses bouger sur le terrain. »

Quel avenir pour GenARDIS ?

Quelle sera la prochaine étape pour GenARDIS? Le financement du programme arrive à sa fin avec la troisième édition et l’avenir de GenARDIS demeure encore incertain. Mais les partenaires restent engagés. Les bailleurs de fonds, APC en tant qu’organisateurs et les bénéficiaires, tous partagent une conviction commune de voir ce projet continuer afin que de nouvelles initiatives à petite échelle puissent bénéficier des subventions de démarrage, de programmes de renforcement des capacités en personne et de possibilités de réseautage régional et international.

« Ne nous éloignons pas du mandat de GenARDIS », dit Oumy. « Il ne s’agit pas d’un budget de gros projets de développement – son but est d’aider de petits projets à démarrer. »

Des nouvelles des projets?

À l’atelier, APC a eu la chance de parler au gagnants à propose de leurs projets et d’en apprendre d’avantage sur ce qui a changé dans leur communautés, grâce à l’accès aux TIC.

Antoine Chikou du Bénin raconte que AquaDeD travaille avec les pêcheurs et utilise les TIC pour augmenter la capacité de production des femmes. Vidéo, télévision et autres ont permis de sensibiliser les femmes et de les former à des techniques pour augmenter leur production. Des téléphones GSM leur ont été fournis, ce qui leur a permis d‘élargir leur marché de vente. Grâce à l‘élargissement du marché, leur niveau de vie s’est amélioré : « elles ne sont plus dépendantes de leur mari pour tout – quand un enfant est malade, elles peuvent acheter les médicaments sans avoir à attendre leur mari pour traiter l’enfant » raconte-il

Antoine Chikou, Benin from APC on Vimeo.

Aimée Byamungu du Congo explique que l’accès à l’information grâce aux TIC lui a permis à elle et à son groupement de femmes d’en apprendre plus sur les maladies qui attaquent certaines plantes, surtout le manioc. Grâce aux solutions qu’elles ont trouvé sur l’internet, les femmes peuvent maintenant produire beaucoup plus et donc faire plus de bénéfices. Ces changements ont permis à la femme de mieux se nourrir et de nourrir sa famille, de payer pour l‘éducation de ses enfants et d‘être plus indépendante. La réaction des hommes est mixte – certains sont jaloux mais il y a aussi ceux qui participent à présent aux tâches ménagères de la famille.

Aimée, Congo from APC on Vimeo.

Wildor Makonero du Congo, directeur général de GRAFED, explique qu’avant son projet, il y avait un grand tabou face à l’utilisation des TIC par les femmes. Les NTIC étaient quelque chose de réservé aux hommes, mais suite au projet, les femmes se sont véritablement appropriées des TIC pour changer leur vies. Elles ont donc permis aux femmes de produire plus et de vendre leurs produits. La femme a aussi brisé le silence par la communication – « la femme rurale travaille maintenant avec les autres femmes de la région et a pris en mains son propre destin » dit-il.

Wildor Makonero, Congo from APC on Vimeo.

“D’avantage d’interviews sont disponibles en anglais”:http://www.apc.org/en/node/10147/

(FIN/2010)

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