La lutte contre l’excision en Afrique de l’ouest transposée sur internet

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Par Sylvie Niombo pour AAW

POINTE NOIRE, Congo, 15 April 2008

Les organisations de la société civile jouent un rôle de premier plan dans la lutte contre l’excision, une pratique néfaste exercée sur plus de cent millions de filles et de femmes dans les pays d’Afrique de l’Ouest.

C’est ainsi que ENDA Tiers Monde du Sénégal, une organisation membre du Réseau de l’Association pour le progrès des communication (APC) a démarré un programme de recherche intitulé “Contribution des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’abandon des mutilations génitales Féminines en Afrique francophone : rôle citoyen des jeunes” ; financé par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI, Ottawa, Canada).

Ce programme de recherche, qui a débuté en novembre 2006, prévoit des ateliers, une analyse documentaire, une enquête qualitative participative, un forum virtuel, et un symposium sous-régional.

Tandis que les débats restent nourris au niveau international sur les limites des technologies de l’information et de la communication (TIC), il serait utile de s’interroger sur la valeur ajoutée que celles-ci peuvent apporter à la lutte contre les mutilations génitales féminines?

Accroître la participation des jeunes à l’élaboration des politiques au moyen des TIC

Ce programme a le mérite d’être le premier du genre à traiter de la question cruciale des mutilations génitales féminines en utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC). Les activités sont réalisées au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso en impliquant des jeunes femmes et hommes des communautés excisantes qui ont accès aux TIC.

Les interventions pour stopper cette pratique se multiplient, et des politiques de prévention sont adoptées dans les pays. Cependant, les jeunes ne sont pas impliqués dans l’élaboration et le suivi de ces politiques; particulièrement les jeunes femmes, qui sont également victimes de l’excision.

« Utiliser stratégiquement les TIC, en y associant activement les jeunes, permettrait de franchir un pas décisif dans la prévention de l’excision, de diffuser le savoir et l’information, de promouvoir les échanges, la communication et l’intégration, dans des langues, des formats et des applications pertinentes pour les communautés, tout en renforçant leurs capacités de participation citoyenne », peut-on lire dans le document de présentation du projet d’ENDA Tiers Monde.

Assurément, les technologies de l’information et de la communication (TIC) permettront aux jeunes femmes, qui subissent les effets néfastes de l’excision de communiquer entre elles, d’échanger et d’élaborer des stratégies, mais également de s’exprimer librement.

Les jeunes femmes, grandes gagnantes de la révolution numérique

Les responsables du programme reconnaissent les problèmes d’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC) par les communautés qui pratiquent l’excision dans les trois pays. Bien qu’il y ait une note optimiste avec la pénétration rapide de la téléphonie cellulaire dans les zones rurales et l’accès graduel des populations à l’internet. Les communautés excisantes seraient du « mauvais côté de la fracture numérique ». En effet, les problèmes de connectivité, l’analphabétisme des populations et le coût des équipements informatiques, demeurent des freins.

Les responsables du projet relèvent le dynamisme de la jeunesse et affirment que « les jeunes femmes sont les grands gagnantes de la révolution numérique ». Ainsi, il y aurait une assurance que les jeunes femmes vivant dans les communautés excisantes seront touchées par le programme et participeront activement aux activités. Dans de nombreux pays en Afrique de l’Ouest et du Centre, les jeunes femmes sont devenues des utilisatrices plus aguerries de l’internet comparées à leurs aînées et leurs parents.

Le manque des contenus locaux sur les mutilations génitales féminines est criant

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent être utilisées pour documenter les cas d’excision, publier des données statistiques et favoriser l’intégration des législations africaines en matière de lutte contre l’excision, entre autres. Cependant, il manque des contenus locaux sur les mutilations féminines génitales qui répondent aux besoins des jeunes et des jeunes femmes.

Des initiatives pionnières comme le portail www.stopfgmc.org lancé par l’Association italiennes des femmes pour le développement (AIDOS) avec des fonds de l’Union Européenne en 2002, ont connu beaucoup de succès. Parmi les objectifs de ce portail internet, figurent la dissémination des documents produits en Afrique afin de changer la tendance à faire de l’abandon des mutilations génitales féminines une priorité pour les pays Occidentaux et à montrer une Afrique enracinée dans ses traditions et moins préoccupée par la question.

Ce portail internet a le mérite de présenter des informations détaillées sur les acteurs, les instruments des droits humains internationaux, les lois et politiques nationales, les programmes et projets sous format texte, audio et vidéo.
Etant donné qu’avec le développement de nouveaux outils, les utilisateurs des technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent « s’exprimer au moyen de contenus auto créés et prendre part de façon plus active et plus collaborative à la création et la consommation de contenu. ». Ainsi, les jeunes femmes marginalisées dans la prévention contre l’excision et même dans la prise de décision, pourraient prendre avantage de ces nouveaux outils pour faire entendre leurs voix.

Lors des discussions virtuelles, les participants ont réclamé que le portail www.stopfgmc.org puisse donner la parole aux femmes et filles excisées ; à celles qui sont actives dans la lutte contre les mutilations génitales féminines et aux exciseuses ayant abandonné cette pratique.

Créer des synergies et échanger par le biais des portails dédiés à l’excision

La liste de discussion électronique créée en mai 2007 par ENDA Tiers Monde a mobilisé 216 participants y compris des jeunes citoyennes de 15 à 25 ans en plus des autres participants pour se pencher sur les questions de préparation à l’intégration des politiques ouest-africaines, mais également de partage d’expériences sur l’abandon de l’excision.

Lors des échanges en ligne sur le thème : «tentatives et expériences pour utiliser les TIC dans le cadre de l’excision », il a été reconnu que la circulation de l’information a progressivement permis de comprendre davantage les mutilations génitales féminines et d’orienter les projets visant leur abandon. Une responsable de l’Association italienne des femmes pour le développement (AIDOS) active au Sénégal, a souligné que « l’accès à l’information donne pouvoir, énergie et permet d’améliorer la condition des femmes, et des populations en général ». Elle relève également que « grâce à l’e-mail une participation plus élargie aux débats que celle permise par la télévision, la radio et les journaux, qui demeurent en tout cas incontournables, est possible dans le vaste monde du net ».

Les utilisateurs souhaitent le développement de portails internet interactifs sur les mutilations génitales féminines. « … Il va falloir mettre aussi en ligne des outils didactiques et pédagogiques facilement “téléchargeables” tels que les posters avec des motifs expressifs et des messages poignants et des CD ROM. Ces outils pourront être utilisés par d’autres associations pour la sensibilisation et la propagande. Les témoignages vidéos et audio des ex exciseuses et exciseurs doivent y figurer également… » a déclaré un des participants aux discussions.

Les TIC aideront-elles vraiment les jeunes citoyennes à stopper l’excision?

En résumé, « même si des progrès considérables ont été faits dans certains pays, des tendances inquiétantes commencent à apparaître, comme la médicalisation de ces mutilations, les parents cherchant à minimiser les effets de l’excision sur la santé de leurs filles», comme l’a dénoncé récemment la Directrice de la division Afrique du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent sans doute apporter un changement significatif dans la lutte contre l’abandon de l’excision.

Le programme “Contribution des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’abandon des mutilations génitales féminines en Afrique francophone : rôle citoyen des jeunes” développé par ENDA Tiers Monde a le mérite de mobiliser les jeunes femmes. Cependant des zones d’ombre demeurent.

Bien que l’un des objectifs soit de toucher plus de huit cents décideurs communautaires et publics, comment s’assurer que les recommandations élaborées dans les discussions virtuelles seront prises en compte ? Dans quelle mesure, les décideurs soutiennent les initiatives d’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) par les jeunes citoyennes afin qu’elles contribuent à stopper l’excision dans des communautés souvent réfractaires ?

Liens internet :

Allfrica.com: la lutte contre l’excision n’est pas terminée prévient le FNUAP

Internet participatif : contenu créé par l’utilisateur

Les TIC contre l’excision : rôle citoyen des jeunes

Les TIC pour l’éducation à la santé

STOP FGM : www.stopfgmc.org

(FIN/2008)

l'excision

pour moi l’excision est d’une pratique barbars qu est fait pour satisfiat les desirs des hommes pour pretexte de religion.je n’arrive par à comprendre ces femmes qui accepter d’exciseés les fille alrs que eux meme on subit a cette pratique .je pense que il y a certaines tradition ou coutume qui doit etre eliminé dans l’esprits des villageios ou des meres et peres qui font subit a ces pauvres fille si innocent qui ne savez pas en quoi consiste l’excision.apres avoir lu le livre de katoucha “DAN MA CHAIR“ou ellles parle de l’excision c’etais pr la premiere fois de ma fille que j’entend cette pratique qui a sideré mon esprits et ma pouse moi aussi a defendre les droits des fille contre l’excision.

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