TIC et Médias au Bénin : Les SMS révolutionnent les émissions interactives

GRAHAMSTOWN, Afrique du Sud

Depuis l'explosion de la téléphonie mobile au Bénin, l'application des Sms à la radio et à la télévision a révolutionné les émissions interactives. Désormais, les Sms augmentent les taux de participation aux émissions, font gagner plus d'argent et réduisent aussi les diffamations.
Depuis l'explosion de la téléphonie mobile au Bénin,
l'application des Sms (short message system)  à la radio et à la
télévision a révolutionné les émissions interactives. Désormais, les
Sms augmentent  les taux de participation aux émissions,  font gagner
plus d'argent et réduisent aussi les diffamations.

Le mercredi 04 juillet 2007, la télévision nationale du Bénin en
partenariat avec l'agence "News and Picture Média" (Pcf/Npm) a diffusé
l'édition zéro de l'émission "Priorité Succès". Il s'agit d'un magazine
télévisuel consacré à l'éducation. Dans la rubrique « Question du jour
», les téléspectateurs sont invités à apprécier la politique en matière
d'éducation du chef de l' Governance for sustainable human development: A UNDP policy document (Glossaire), Wikipédia et Manuel de style d’APC. ">Etat

. « La réaction des téléspectateurs est
allée au-delà de notre attente » s'exclame Paul Marie Houessou,
Directeur de l'agence Pcf/Npm. Mais le témoignage sur le Source: Wikipédia et genderIT.org. ">blog

du
magazine (http://prioritesucces.over-blog.com)
est plus éloquent. « Les téléspectateurs ont fait exploser les boîtes
aux messages de l'émission le mercredi 04 Juillet 2007 après la
diffusion du N°zéro. Plus de 150 messages enregistrés et une
cinquantaine d'appels de téléspectateurs qui ont pensé que l'émission
était en direct. Ils sont donc nombreux du Nord au Sud, de l'Est à
l'Ouest à vouloir donner leur point de vue sur la question du jour : "Que pensez-vous de la politique du Chef de l'Etat, Dr Boni
Yayi en matière d'éducation ?" ». Les réalisateurs de l'émission
"Priorité Succès" ont préféré l'envoie des Sms à l'intervention directe
dans l'émission par téléphone. Selon Paul Marie Houessou, « cette
option se veut un choix qui fait la Grand dictionnaire de l'Office québécois. ">promotion

de l'autocensure interne
et du respect des règles d'éthique et de déontologie, car il sera plus
difficile de contrôler et d'arrêter un téléspectateur intervenant en
direct dans l'émission sur un sujet sensible... ».

 

Les précurseurs

 

Outre l'agence "News and Picture Média" (Pcf/Npm) qui a adopté les Sms
pour rendre son magazine interactif, d'autres chaînes de télévisions
utilisent les Sms pour gérer le volet interactif des émissions. C'est
le cas de la Télévision Canal 3 TV Bénin qui a imposé l'usage des Sms
aux téléspectateurs et auditeurs  pour participer à l'émission à grande
audience "Zone Franche". Après une enquête réalisée au téléphone auprès
de vingt téléspectateurs choisis au hasard, il ressort que toutes les
questions envoyées au cours de l'émission ne sont pas reprises par les
deux animateurs. Mais ces derniers font savoir que « l'invité de
l'émission répond parfois déjà au cours du débat à certaines questions
posées, sur lesquelles il serait inutile de revenir. Mieux, ils
estiment que certaines questions envoyées par Sms sont injurieuses ou
n'ont aucun lien avec le sujet débattu ». Par conséquent ils
s'abstiennent de solliciter l'invité à se prononcer sur ces types de
questions. « Nous

 n'avons pas voulu tomber dans le piège des participants qui
monopolisent les lignes téléphoniques ou qui sont parfois payés pour
régler des comptes à l'invité sur le plateau comme cela se passe
ailleurs » souligne Brice Houssou, l'un des animateurs de l'émission «
Zone Franche ».

 

Une source de gain

 

Les émissions politiques ou sociales interactives ne sont pas les
seules où sont utilisés les Sms. Ils interviennent aussi dans des
émissions interactives consacrées aux jeux radiophoniques et aux
dédicaces. Par exemple, la radio "Océan FM" à Cotonou avait noué un
partenariat avec un opérateur Gsm pour ces types d'émission. Dans le
cadre de cet accord, chaque Sms envoyé vaut à l'auditeur la somme de
100 fcfa sur laquelle l'opérateur Gsm a un pourcentage et le reste est
versé dans le compte de la radio. C'est le même souci qui guide le
directeur de l'agence Pcf/Npm M. Paul Marie Houessou qui déclare : « Il
y a beaucoup à gagner avec l'appropriation des Sms par les médias.
D'abords, ils facilitent l'exercice d'un contrôle sur le contenu des
messages que ce soit à la radio où à la télévision. Ceci évite non
seulement des procès devant les tribunaux mais aussi d'être rappelé à
l'ordre par l'Observatoire de la déontologie et de l'éthique dans les
médias (Odem). Mais tout en gagnant sur le plan professionnel, les Sms permettent aussi de gagner
de l'argent, car il suffit d'un bon partenariat avec un opérateur Gsm
pour gagner au cours d'une émission le salaire d'un journaliste moyen
dans le contexte béninois » Dans l'article "Les téléphones mobiles : un
nouveau média"  Emily Turrettini soutient que « Les SMS deviennent une
source de revenus intéressant pour les chaînes télévisées et sont un
nouveau vecteur de fidélisation...Non seulement le public est
incroyablement réceptif, mais ces nouvelles formules engendrent des
profits. Facturé entre 1 et 5 euros (environ 650 et 3300 fcfa) le SMS,
les chaînes partagent les bénéfices avec les opérateurs et autres
sociétés impliquées, touchant jusqu'à 25% des revenus ».

 

Tirer les leçons du passé

 

Dans un passé récent, il était difficile aux médias de
professionnaliser des émissions interactives en terme d'autocensure et
de respect des règles d'éthique et de déontologie par l'usage des Sms.
Les seuls moyens disponibles étant le téléphone conventionnel, l'e-mail
ou les courriers postaux. Dans ces conditions l'intervention directe
dans les émissions interactives est parfois catastrophique. François
Awoudo, ancien président de l'Odem parle « d'émissions interactives
émaillées de cafouillages avec des journalistes qui n'arrivent pas
toujours à contenir la verve des auditeurs qui interviennent en direct
» . Parlant des émissions interactives, Mamadou Ndao, de l'Institut
panos Dakar écrit : « De telles émissions sont devenues courantes dans
les pays africains qui connaissent un pluralisme radiophonique ; la
particularité béninoise réside dans le fait que la télévision aussi est
concernée. Sur les stations qui ouvrent leur antenne au public, le
risque est toujours réel

 d'entendre proférer des propos insultants, incitant à la haine,
diffamatoires ou qui portent atteinte aux bonnes moeurs... »  (4) Face
à de telles dérives, la Haute autorité de l'Audiovisuel et de la
communication a pris des sanctions contenues dans sa décision du 10
décembre 2003. Elles vont de la suspension de l'émission sur une
période allant d'une semaine à un mois, à la suppression de celle-ci.
Les décisions sont prises selon la gravité de la violation. Le cas le
plus frappant dans l'histoire des médias du Bénin est la prise de la
décision n°05-169/HAAC portant mesure conservatoire au sujet de
l'émission « la Grogne matinale » sur Golfe Fm-Magic radio le 02
décembre 2005. Cette décision indique que Golf FM a « laissé des
individus proférés des propos à connotation tribaliste et régionaliste
sur la chaîne ». Par conséquent, la décision met fin pendant une
période donnée à l'émission. Pourtant, selon Maître Désiré Aihou,
membre de l'ONG internationale Gouvernance en

 Afrique, « la Grogne matinale est une sorte de forum de dénonciation
des agents corrompus ». Si tant est que l'émission est prisée, il faut
orienter les participants en les invitant à faire usage des Sms au
détriment des appels directs, pour faciliter le contrôle et une
meilleure gestion de la « la Grogne matinale » qui reste l'émission
phare de la radio Golfe FM.

 

Hippolyte A. Djiwan ( http://djiwan.blogg.org )

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